La course au temps de la Covid-19

  • Crédit : Steve Deschênes

Les temps sont durs pour l’humanité. Un virus, minuscule et invisible, a mis le chaos dans nos vies. À l’échelle de la planète. Les impacts, dont l’ampleur est encore très difficile à déterminer, sont et seront multiples et variés.

Dans ce grand chambardement, la course à pied est salutaire. Comme elle l’a toujours été d’ailleurs. Elle procure maintenant une extraordinaire couche supplémentaire de bénéfices physiques et psychologiques.

Elle permet de faire pause momentanément sur la nouvelle réalité du télétravail que plusieurs tentent d’apprivoiser ; la tentation est forte de se réveiller, se lever, s’asseoir au bureau improvisé et d’en décoller que le soir venu. Sortir dehors courir et arpenter les rues (presque) vides de nos villes aèrent l’esprit et oxygènent le corps. On en revient gonfler de positivisme.

Adaptation

La pratique de la course à pied doit s’adapter à la situation exceptionnelle de la Covid-19. Ce qui était, il n’y pas si longtemps, un sport de rassemblement et de communauté où les coureurs se réunissaient deux à trois fois par semaine pour enchaîner les séances d’intervalles et les longues sorties tempo, devient – ou redevient – une activité physique solitaire. Les adeptes accumulent encore les kilomètres, mais en solo ou duo, en prenant les précautions d’usage. On voit émerger des regroupements « virtuels » : partage sur les réseaux sociaux, selfie de rendez-vous même heure mais pas même poste, etc. Du nombre, notons l’initiative de Mathieu Roy, collègue journaliste à Salut Bonjour! Il propose le défi #CoursVite19, « individuel mais ensemble, sur tapis ou dehors, en une ou plusieurs sorties ». Quelques coureurs lui ont déjà emboité le pas.

Catherine Gagné, kinésiologue, entraineuse et athlète de haut niveau en athlétisme offre, en ces temps d’isolement et de confinement, ses services pour permettre aux gens de poursuivre leur entrainement à la maison, et ce gratuitement. On surveille ses lives sur sa page Facebook.

Créativité

Parmi les inspirantes formes de résilience, je salue les athlètes olympiens qui, dans le contexte des fermetures de leurs installations sportives, usent de créativité pour s’entrainer en vue des (incertains) Jeux olympiques de Tokyo.

La plongeuse Meaghan Benfeito utilise le matelas de la chambre d’amis pour exécuter ses sauts périlleux. À voir ici. Le spécialiste du 1500 m Charles Philibert-Thiboutot a, quant à lui, tenté de déneiger un corridor de la piste extérieure d’athlétisme du Peps de l’Université Laval. Les autorités n’ont pas approuvé sa solution ingénieuse. Lire l’article du Soleil à ce sujet.

Malgré les frustrations liées aux mesures exceptionnelles pour limiter les risques et contrer la propagation, rappelons-nous qu’actuellement en France, seul un p’tit footing de « 1km…2km…max » est autorisé ; le ministère des sports a été très clair : « pas question de s’éloigner de chez soi ».

Heureusement, les mesures mises en place par le gouvernement Legault n’ont pas atteint cette rigidité. Démontrons-lui en respectant les mesures de prévention qu’il n’a pas à se rendre là.

Profitons d’un grand bol d’air frais au pas de course et remettons à plus tard les objectifs de performance et de chrono. De toute manière, les compétitions printanières sont en grande partie reportées à l’automne. Certes la déception est grande dans le cœur de certains après des mois d’entrainement durant l’hostile saison hivernale. Voyons les choses positivement : ça donne plus de temps pour se préparer et ça met de l’avant (encore plus) l’importance de la santé.