Des bobos de coureurs !

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Collaborateur de la première heure, Blaise Dubois, fondateur de la Clinique du Coureur, signe la chronique BLESSURES dans chaque numéro de KMag. Des bobos de coureurs, il connait ça… Voici quelques-uns de ses Vrai ou Faux préférés glanés au fil du temps.

Vrai ou faux

Courir moins fréquemment accroît le risque de blessures.

VRAI. Quelques études ont montré une association entre l’incidence des blessures et le nombre de séances hebdomadaires de course. S’entrainer plus de quatre fois par semaine comporterait moins de risques de se blesser que de sortir seulement deux fois. En course à pied, s’entrainer souvent réduirait donc le risque de se blesser, et ce, même si la sortie est aussi courte que 5 à 10 minutes.

La majorité des fractures de stress nécessitent une investigation radiologique.

FAUX. Bon nombre de diagnostics de fractures de stress se font cliniquement (avec nos mains). Il n’est pas indispensable de réaliser une radiographie ou une résonance magnétique. La plupart des fractures de stress ne sont pas à risque de complication. Il suffit de se reposer quelques jours ou quelques semaines, et lorsque la douleur disparaît, d’effectuer un retour progressif à l’activité en quantifiant adéquatement le stress mécanique.

Consommer des électrolytes ou du sodium durant un marathon ou un ultramarathon prévient les crampes.

FAUX. L’apport en sel durant l’effort ne prévient pas l’apparition des crampes musculaires, et il n’y a pas de lien de causalité entre ces dernières et le déséquilibre en sodium. On recommande d’ailleurs aux athlètes de modérer leur supplémentation en sodium pendant l’activité physique, laquelle pourrait provoquer des sensations de soif précoces et exacerber le risque d’hyponatrémie à l’effort.

Quantifier le stress mécanique suffit pour traiter 80 % des blessures.

VRAI. La vaste majorité des blessures en course à pied sont non traumatiques. Chaque année, un coureur sur deux se blesse après avoir augmenté trop rapidement le volume, l’intensité ou le dénivelé de ses séances. Pour se remettre sur pied, inutile de chercher le remède miracle : reprendre la course très progressivement en ajustant sa progression en fonction de ses symptômes est la première chose à faire pour la plupart des coureurs, la plupart du temps.

 

Blaise Dubois est physiothérapeute, fondateur de La Clinique Du Coureur et coauteur du livre La santé par la course à pied.