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La foulée décortiquée
Depuis le début des années 2010, la manière dont les coureurs et coureuses appuient le pied au sol est devenue un point de mire. Le jugement émis sur la technique employée est trop souvent établi selon une vision étriquée de la biomécanique de course.
On évalue souvent la technique de course d’après le tout premier contact du pied avec le sol, un instant figé qui détermine le bien ou le mal, ce dernier étant incarné le plus souvent par le malheureux talon. Il importe de replacer l’appui du pied (ou podal) dans un contexte plus large : celui de la foulée de course. Décortiquons donc celle-ci, en revisitant certains mythes au passage.
La foulée est composée d’une phase d’appui, elle-même subdivisée en trois phases – l’amortissement, le soutien et la propulsion – et d’une phase oscillante. La phase d’amortissement débute avec le contact initial qui, comme son nom le suggère, est le moment où le pied entre en contact avec le sol. S’il est fait sur le talon en premier, c’est un appui talon ; sur le milieu et l’avant du pied, un appui mi-pied ; sur l’avant du pied, un appui avant-pied. Certains établissent que l’appui est mi-pied quand le talon touche en premier le sol, sous prétexte que le poids ne se porte pas vraiment sur le talon.
Premier mythe : il ne faut pas faire d’appui talon. S’il y a un domaine où la science de la course n’apporte habituellement pas de nuances, c’est dans la manière d’appuyer le talon. Plusieurs études comparent d’ailleurs les appuis heel-strike (talon) à non heel-strike (non talon). En réalité, il y a un monde entre un appui sur la pointe du talon, avec le pied très en avant et le genou en extension (jambe tendue comme à la marche), et un appui sous le dessous du talon, avec le pied sous le genou.
Cette deuxième façon de faire est tout à fait indiquée pour la majorité, tandis que la première est proscrite. L’appui avant-pied, de son côté, est fort rarement fait, et est approprié presque exclusivement pour les sprinteurs. Reste l’appui mi-pied, qui convient parfaitement si maîtrisé. Au moment du contact initial, que ce soit dans un appui talon ou un appui mi-pied, dans un cas ou l’autre bien maîtrisé le pied devrait atterrir sous le genou (en réalité légèrement devant). Le genou est alors fléchi d’environ 20º – ou plus, quand la vitesse augmente.







