L’aquarunning

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Faire de l’aquarunning, ça ne signifie pas courir sous la pluie… Il s’agit plutôt de reproduire la foulée terrestre en étant immergé dans l’eau, entre la taille et les épaules selon la profondeur.

Pour certains, c’est la meilleure façon de remplacer la course à pied terrestre. À preuve, c’est un type d’entrainement connu et reconnu par plusieurs coureurs et coureuses d’élite.

Évidemment, l’aquarunning se pratique généralement en piscine. Cet environnement, moins fréquenté par les coureurs, comporte plusieurs avantages :

  • diminue ou élimine le stress mécanique, selon le niveau de l’eau ;
  • sollicite davantage les membres supérieurs et le core ;
  • permet une activation musculaire dans toutes les phases de la foulée ;
  • produit des effets d’entrainement similaires à ceux de la course terrestre.

De manière plus générale, l’aquarunning permet d’accroître le volume d’entrainement sans trop augmenter les risques de blessure, de même que de varier le stimulus d’entrainement et de continuer l’entrainement malgré une blessure.

Contrairement à d’autres activités sportives, la course dans l’eau requiert peu d’équipement :

  • une ceinture de flottaison, aidant au maintien de la posture ;
  • un chronomètre (ou l’horloge de la piscine) ;
  • un cardiofréquencemètre permettant la lecture sous l’eau (ils ne le font pas tous).

La foulée terrestre est plus difficile à exécuter dans l’eau, car le milieu aquatique brouille les repères kinesthésiques et occasionne une résistance dans tous les angles de mouvement. Les erreurs techniques les plus fréquentes sont :

  • incliner le tronc vers l’avant, résultat d’un mauvais gainage du tronc et de la ceinture pelvienne ;
  • reproduire un mouvement s’apparentant au ski de fond, c’est-à-dire avec les genoux et/ou les coudes en extension ;
  • faire un mouvement de pédalage où le mouvement des bras est réduit, tout comme l’amplitude des membres inférieurs.

Bref, il faut avoir le tronc à la verticale et les coudes fléchis à environ 90°, en plus de reproduire la foulée terrestre en coordonnant adéquatement les flexions et extensions des hanches et des genoux et en synchronisant bien le mouvement des jambes avec celui des bras.

Quand vient le temps de la séance d’entrainement, celle-ci devrait aller de la façon suivante :

  • s’initier progressivement, comme on le ferait avec n’importe quelle nouvelle pratique ;
  • se concentrer sur la technique, la zone d’entrainement cible et la vitesse de jambes, et non sur la vitesse de déplacement ;
  • toujours commencer une séance par un échauffement d’une dizaine de minutes ;
  • savoir que la fréquence cardiaque d’entrainement peut diminuer de 10 % par rapport à celle sur le sol, vu l’environnement aquatique ;
  • exécuter des séances similaires à celles sur le sol, à savoir des entrainements continus et intermittents.

La course dans l’eau devient un entrainement de remplacement de prédilection pour pallier une blessure ou en récupérer, ou complémentaire, pour augmenter le volume d’entrainement sans trop de risque.

10 %
Sachez qu’en étant immergé dans l’eau jusqu’aux épaules, on « porte » seulement 10 % de sa masse. C’est la raison pour laquelle la course dans l’eau réduit grandement le stress mécanique. Avec une immersion jusqu’à la taille, on porte généralement 50 % de sa masse.

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François Lecot est un kinésiologue accrédité par la Fédération des kinésiologues du Québec et un entraineur certifié par le Programme national de certification des entraineurs.