Gants ou mitaines de course, faut-il choisir ?
À moins que la saison hivernale ne se passe sur le tapis roulant, les gants et mitaines de course sont nécessaires au confort du coureur québécois. Il y a autant de préférences que de coureurs. On doit parfois essayer plus d’un modèle avant de trouver son option chouchou. Voyons comment vous aider à sélectionner la paire qui vous ira comme un gant (ou une mitaine !).
Le besoin de prémunir ses mains contre le froid se fait habituellement sentir entre 5 et 10 ℃, mais le vent et la pluie sont aussi des facteurs qui peuvent accentuer la sensation de froid et inciter à protéger ses mains même lorsque la température est plus élevée. Outre l’incontestable avantage d’éviter les engelures par temps froid, tenir ses mains au chaud favorise la circulation sanguine dans les extrémités et contribue à maintenir une bonne température corporelle globale. Bien qu’il soit difficile de trouver des données précises confirmant que le port de gants ou de mitaines améliore de façon mesurable des performances à la course, on semble s’entendre sur le fait que des mains froides, en plus de nuire à la concentration, limitent le flux sanguin vers les muscles actifs et réduisent les capacités du coureur dans des environnements froids ou changeants. Au Québec, selon notre position géographique et notre tolérance au froid, il n’est pas rare d’ajouter gants ou mitaines de course dès septembre, pour les retirer quelque part en avril, ce qui en fait, à part nos espadrilles, un des accessoires les plus portés durant l’année.
Le dilemme : gants ou mitaines ?
La protection des mains se divise en deux grandes catégories : gants et mitaines. Le gant a l’avantage d’être flexible et d’offrir une meilleure dextérité pour tenir bâtons et bouteille alors que la mitaine, en rassemblant les doigts dans une unique enveloppe, est généralement plus chaude. Les gants et les mitaines minces sont polyvalents et se portent seuls dans l’entre-saison ou comme sous-couche pour augmenter le niveau de chaleur en course hivernale. Vous aurez beau sonder tous vos amis coureurs, il y aura toujours des partisans inconditionnels de l’un ou de l’autre. Entre les deux, on trouve quelques combinaisons hybrides qui tentent de rallier les avantages des deux camps : le gant deux-en-un avec mitaine coupe-vent camouflable permet d’ajouter (ou d’enlever) une couche de protection supplémentaire lorsque les conditions sont imprévisibles, alors que la mitaine à trois doigts (faisons abstraction de son look de homard) combine la dextérité du gant et la chaleur de la moufle. Rendu là, la meilleure manière de choisir, c’est souvent d’en faire l’essai.
Isolation, respirabilité, flexibilité
Pour vous protéger du froid, privilégiez évidemment le pouvoir isolant. Les matières couramment utilisées incluent le Thinsulate et la laine mérinos de même que les fibres synthétiques comme le polyester (communément appelé laine polaire dans le domaine de l’isolation).
La respirabilité est un point important, puisqu’un matériau efficace qui évacue bien la chaleur prévient la moiteur des mains – on sait que l’humidité au froid est une condition propice aux engelures. La course en sentier, en montagne ou en forêt est plus susceptible d’exposer le coureur à l’humidité parce que le contact des mains avec l’eau, la boue ou la neige est plus fréquent dans ces environnements. Adeptes de ces lieux, évaluez rigoureusement les capacités imperméables ou hydrofuges des gants ou des mitaines que vous prévoyez porter lors de ces sorties.
Le Gore-Tex est un matériau populaire en raison de sa capacité à être à la fois imperméable et respirant, mais plusieurs compagnies ont créé leur assemblage de tissus et de membranes imperméables qui ont des caractéristiques similaires mais des appellations différentes (pas facile de s’y retrouver, on le concède !). L’eau perle à la surface des gants et mitaines dont le tissu est traité au DWR (durable water repellent) ; sans être 100 % imperméables, les gants et mitaines ainsi traités tiennent les mains au sec sous une pluie légère. En altitude, le vent froid oriente le choix vers des matières coupe-vent qui retiennent la chaleur, comme le Windstopper ou certains types de Polartec.
Que votre choix s’arrête sur un gant ou une mitaine, privilégiez dans les deux cas des matériaux flexibles qui bougent bien et permettent une bonne dextérité.
D’autres critères d’évaluation
La légèreté tout comme la durabilité sont également des caractéristiques essentielles. La bande de poignet doit quant à elle être assez large pour couvrir l’articulation et la garder au chaud tout en étant assez souple pour maintenir une bonne circulation sanguine (et dégager la montre lorsqu’on veut la consulter). Qu’on préfère le gant ou la mitaine, choisir la bonne taille importe tout autant ; en effet, l’espace d’air autour des doigts ou de la main se réchauffe avec la chaleur produite par le corps, et une paire trop serrée limitera ce phénomène et, par conséquent, protégera moins du froid.
Les plus frileux, ou encore ceux qui ont besoin d’une protection accrue afin d’éviter les blessures par engelure (comme les coureurs affectés par la maladie de Raynaud, par exemple), s’intéresseront tout particulièrement à la mitaine chauffante. Quoiqu’elle soit plus lourde, moins respirante et peu adaptée à la course, son port pourrait s’avérer primordial.
Le système multicouche est une bonne façon de bénéficier de plusieurs avantages et de conférer de la polyvalence à cet accessoire de course indispensable : un gant léger de laine mérinos ou polaire est très efficace porté seul en début d’automne et se transforme aisément en une sous-couche performante en hiver si on le combine à une mince mitaine isolée.
C’est déjà beaucoup de facteurs à évaluer, mais on ne peut passer sous silence ces autres caractéristiques utiles à considérer :
- la compatibilité des doigts avec les écrans tactiles si on utilise cellulaire ou montre pour mesurer ses performances ;
- la présence d’éléments réfléchissants afin de bien se faire voir lors des courtes journées d’hiver ;
- les dispositifs d’attache maintenant ensemble gants ou mitaines quand on les retire (ou qu’on les range) ;
- les bandes adhérentes sur la paume et les doigts qui ajoutent à la dextérité pour tenir les bâtons en montagne ;
- une pièce absorbante sur le pouce pour essuyer les nez qui coulent ou qui saignent ;
- une pochette sur le dessus de la main pour ranger une clé.
Il sera bien sûr difficile, voire impossible, de retrouver toutes les qualités recherchées dans un seul modèle. Heureusement, le marché donne l’embarras du choix, et la combinaison de plusieurs options pourrait vous rapprocher de votre indice de bonheur (et de chaleur) maximal.
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