Mon calendrier de course, ce champ de ruines

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Que faire quand ses objectifs foutent le camp ? Comment s’entraîner lorsque l’incertitude est la règle et non l’exception ? KMag explore des pistes de réflexion utiles en tout temps, pas juste lors de pandémies.

Ce printemps, j’avais rendez-vous avec la barre des trois heures au marathon. Mon humble Breaking3 – devait avoir lieu au Run Rock’n’Roll Washington D.C. le 28 mars dernier. Je me voyais débouler sur le National Mall au petit matin, pleins gaz entre les cerisiers en fleurs, le Capitole et les somptueux monuments à Lincoln, Roosevelt et consorts. Surtout, je m’imaginais croiser le fil d’arrivée 42,2 km plus tard, lessivé mais triomphant. J’avais toutes les raisons de croire à ce scénario digne de Cendrillon : malgré le passage par quelques zones de turbulence, ma préparation s’était somme toute bien déroulée. À trois semaines du jour J, la confiance régnait. L’équation que j’avais posée des mois auparavant était en voie d’être résolue, pensais-je alors.

Puis une pandémie a pulvérisé mes espérances. À la mi-mars, l’Organisation mondiale de la Santé déclare que l’infection à la Covid-19 a atteint des niveaux alarmants de propagation et de gravité. Du même souffle, elle demande à tous les pays de prendre des « mesures urgentes et énergiques » contre le virus. Vous connaissez la suite : c’est le bal des compétitions reportées ou carrément annulées, ici comme ailleurs. À cette vague de projets sportifs mort-nés s’ajoutent les sévères mais non moins nécessaires limitations à nos libertés individuelles. Jamais le coureur de fond n’a été aussi solitaire dans sa solitude. Quand on se compare, on se console : les triathlètes se retrouvent bien démunis face à la fermeture généralisée des piscines.

Difficile, dans ces circonstances, de poursuivre l’entrainement. Ce qu’il faut pourtant faire, préconise Guy Thibault, directeur des sciences du sport à l’Institut national du sport du Québec et collaborateur de KMag. « Les véritables champions sont peu affectés par les imprévus. Ils savent s’adapter aux situations stressantes, comme le report d’événements ou le confinement obligatoire, et en tirer du positif », affirme-t-il.

Lisez la suite de ce reportage dans le numéro d’été 2020.

Maxime Bilodeau est journaliste et kinésiologue de formation.