Depuis que je cours…

Sophie Gamache enseigne le français au secondaire au Collège de Lévis et est folle de la course à pied. Dans chaque numéro de KMag, elle partage avec humour ses réflexions de coureuse.

Depuis que je cours… je fais des promesses de coureuse.

Paroles, paroles, paroles… En écoutant les paroles (!) de la célèbre chanson, dernièrement, je me suis sentie interpellée. Peut-être même (un tout petit peu) coupable.

Pourtant, je suis une fille honnête, franche, intègre, loyale, authentique, droite… une fille de parole, puisque la parole on n’en a qu’une, alors qu’est-ce qu’on vaut si on ne la respecte pas ? Hein ? Dites-moi, qu’est-ce qu’on vaut ?

Bon, je m’égare et je m’emballe en même temps.

N’empêche que j’ai beau me targuer d’être une fille honnête (et franche et intègre et loyale et authentique et droite), je me suis rendu compte que lorsque vient le temps de parler de course à pied, j’ai la parole légère.

Ça va au-delà de dire que j’ai tel objectif de temps pour une course alors que ce n’est pas tout à fait le nombre officiel que j’ai en tête. Ça, tout le monde le fait. C’est un mensonge commun, c’est convenu. D’ailleurs, la question « Tu vises quel chrono pour ta course de la semaine prochaine ? » est toujours suivie de « Ah, super ! Et le vrai de vrai temps, c’est quoi ? » Convention sociale, je vous dis. Aucun malaise ici.

Ce dont je parle, ce sont plutôt des promesses, des résolutions, des convictions… qui ne se concrétisent pas. Des choses que j’affirme sincèrement mais que je n’honore pas forcément.

Par exemple, j’ai dit, quatre jeudis de suite, que j’allais me présenter à l’entrainement du club de course que me vante depuis longtemps un de mes amis. Dès que les jeudis arrivaient, j’oubliais cette idée, je sortais mes écouteurs et je partais courir, célébrant mon indépendance et savourant ma liberté, un épisode de mon balado préféré dans les oreilles.

La semaine dernière, afin de me donner un objectif clair pour les mois à venir, j’ai annoncé à mon amoureux que j’allais m’inscrire et m’entrainer pour un demi-marathon. Le lendemain matin, c’est un dossard pour un 10 km que j’achetais. Un 10 km en trail, qui plus est.

Je déclare souvent – c’est presque gênant – qu’à partir du prochain lundi, j’entreprends un programme de musculation. Sans blague ! Je l’affirme même à l’occasion à voix haute ! Parfois aussi devant témoins ! Pour vrai ! Pourtant, les lundis se suivent et se ressemblent… et les semaines passent sans qu’aucun nouveau mouvement visant à faire travailler mes muscles n’ait été exécuté.

Vous voyez le topo ? Je pourrais continuer… parce que non, je ne me suis pas inscrite à un cours de yoga. Et non, je n’ai pas arrêté de courir trop vite (trop vite pour rien) après avoir lu au sujet de l’entrainement polarisé. Et non, bien sûr que non, je n’effectue plus les exercices d’étirements prescrits par mon physio, que je m’étais promis de poursuivre même si ma blessure était guérie.

Misère. Je me décourage moi-même.

La bonne nouvelle est que personne dans mon entourage ne me prendra au sérieux quand j’annoncerai que j’accroche mes espadrilles.

Mieux vaut en rire…

Non ?