Lire la suite dans le magazine Numéro 63 - Automne 2026
La course aux bénévoles
Sans une armée de bénévoles, la tenue d’événements de course à pied serait financièrement impossible. Comment recrute-t-on ces indispensables et qu’est-ce qui pousse ces bénévoles à sacrifier un week-end afin d’offrir du bonheur aux coureurs ?
Pendant la fin de semaine de l’Ultra-Trail du fjord du Saguenay (UTFS), Carl Brassard ne chôme pas. Ce vice-président du club Quad du fjord travaille du vendredi au dimanche presque sans relâche comme coordonnateur d’une équipe d’une quinzaine de quadistes, en plus d’assurer la bonne marche d’un poste de ravitaillement dans sa grange de L’Anse-Saint-Jean. « Je peux dire que dans la nuit de samedi à dimanche, je ne dors pas beaucoup », admet-il avec le sourire.
La mission de son équipe motorisée est cruciale : apporter eau et nourriture aux postes de ravitaillement situés dans l’arrière-pays, transporter les bénévoles aux endroits stratégiques et évacuer les blessés. Raphaël Marchand, fondateur de cette course en sentier qui se tient en août dans les municipalités de Rivière-Éternité, L’Anse-Saint-Jean et Petit-Saguenay, ne tarit pas d’éloges à l’égard des membres de cette équipe. « Dans notre territoire très accidenté et difficile d’accès, ce qu’ils font pour nous aider est tout simplement incroyable », observe le grand manitou de l’UTFS. D’autant plus qu’une bonne partie des quadistes possèdent une formation en premiers soins – un atout précieux pour un gestionnaire de course.

Crédit : Gracieuseté Club Les Pélicans
Prendre part plutôt que simplement regarder
Pourquoi donner de son temps et prêter ses machines ? Carl Brassard, 65 ans, ex-monteur de structures en acier, se dit fier de contribuer à la notoriété de son coin de pays, où il s’est réinstallé à la retraite après un exil de 40 ans. « Plutôt que d’être spectateur de ce qui se passe chez nous, j’aime mieux y contribuer », philosophe-t-il. En plus de gérer l’escouade VTT, Carl Brassard s’occupe d’une base de vie où il sert gratuitement de la poutine aux coureurs tout en vendant des portions au public pour financer la Maison des jeunes Bas Saguenay. « Nous avons amassé 600 $ en 2025 », déclare-t-il fièrement.
Sur une touche plus personnelle, l’Anjeannois adore l’effervescence du week-end. Malgré sa jeunesse, l’événement, dont c’est la 4e édition en 2026, est déjà le plus important du coin, avec 1300 inscriptions en 2025. « Il y a un beau mélange entre les gens de l’extérieur, qui viennent courir et faire du bénévolat, et la population locale. Comme Bas-Saguenéens, nous sommes heureux de mettre en valeur nos attraits, et je suis convaincu que les coureurs reviendront par la suite, notamment pour skier au Mont-Édouard », anticipe le sexagénaire.
Avec des volontaires comme Carl Brassard, le recrutement ne pose pas de problème pour l’UTFS. « Les Bas-Saguenéens sont fiers de leur territoire. Ils veulent que les visiteurs vivent une belle expérience. Notre recrutement se fait donc de manière organique, les bénévoles se mobilisant entre eux », remarque Raphaël Marchand.







