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L’autre marathon de Toronto

  • Crédit : MarathonFoto

Au début mai, notre collaborateur Philippe Jacques a couru le Marathon de Toronto. Témoignage.

« Il y a un autre marathon à Toronto que celui en octobre? » C’est la réponse que j’obtenais depuis quelques mois quand je mentionnais aux coureurs de mon club que j’allais courir le marathon de Toronto le 4 mai. Je m’entraîne pourtant avec le club de Dorys Langlois, qui est davantage axé sur la distance avec beaucoup de coureurs qui s’entraînent et courent chaque année des marathons.

Dans mon cas, je cours depuis 2010 un marathon au printemps chaque année ainsi qu’un marathon à l’automne et je souhaitais faire changement des marathons plus évidents comme Boston et Ottawa que j’ai déjà couru chacun à 3-4 reprises. De plus, j’étais passé rapidement à Toronto l’automne pour des marathons sans prendre le temps de visiter la ville.

Je suis donc arrivé plus tôt avec mon ami Yves pour pouvoir visiter le Temple de la renommée du hockey (vraiment intéressant pour les fans de hockey), l’Aquarium de Toronto (le couloir avec les requins et tortues géantes qui nagent au-dessus de nous est très impressionnant) et la tour du CN (vues magnifiques et parfait pour faire du repérage du parcours!). Nous en avons également profité pour visiter le marché intérieur public du St-Lawrence Market et le quartier de la distillerie qui fut un coup de cœur. Toutes ces attractions se trouvent à quelques minutes de marche l’une de l’autre, ce qui est très pratique pour les jambes d’un marathonien la veille d’un marathon! Et comme il n’y avait pas d’expo-marathon cette année, seulement la récupération du dossard et du chandail du marathon, cette étape fut rapide.

Nous avons séjourné à l’hôtel officiel du Marathon de Toronto, le Hilton, situé à quelques minutes des endroits visités, et nous avons bien profité de la piscine intérieure et extérieure chauffée à l’année pour se reposer les jambes. Bon à savoir pour ceux qui se rendent à Toronto en voiture : beaucoup de places de stationnement sur rue sont gratuites en plein cœur du centre-ville dès 18h30 le vendredi jusqu’au lundi matin.

Dimanche matin à 6h, nous sortons de notre chambre (avec ma belle moustache de coureur pour rendre hommage à Auston Matthews des Maple Leafs de Toronto!) pour prendre l’autobus qui nous attend en face de l’hôtel et qui nous transporte à la ligne de départ à 30 minutes au nord du centre-ville de Toronto. Il y a très peu de toilettes disponibles au départ du marathon alors on se dépêche d’y faire la longue file dès notre arrivée sur place, 1h avant le départ du marathon prévu pour 7h30 (un demi-marathon est également offert avec un départ à 8h30 ainsi que des épreuves de 5km et 10km).

Je croise mon ami Laurent, avec qui nous avons soupé la veille (souper de pâtes bien sûr!) et qui en sera à son 68e marathon. Il vient de courir le marathon de Paris et se remet d’un rhume alors il sera sage et partira avec le lapin de 3h (c’est généralement lui le lapin de 3h au marathon de Montréal!). On croise également dans la file d’attente un champion national des Bahamas (…), un francophone de Montréal qui vit maintenant là-bas mais qui est à Toronto en visite chez sa belle-famille pour se qualifier pour le marathon de Boston. Il semblerait selon lui que personne ne court de longue distance aux Bahamas et que c’est la raison pour laquelle il détient le record du demi-marathon. Il est vraiment nerveux à l’approche de son premier marathon et pour son objectif de courir en moins de 3h pour se qualifier pour Boston. Lorsqu’il nous mentionne qu’il court son demi-marathon en 1h15, on part à rire et on lui dit que tout ira bien. 😉

J’ai prévu de débuter mon marathon avec Laurent et le lapin de 3h avec un objectif (plutôt un souhait!) de courir en 3h03 ce marathon pour battre mon record pour un marathon de printemps. Ils annoncent de bons vents de face et beaucoup de pluie et je pense de façon plus réaliste pouvoir le courir en 3h05-3h06. Mon entrainement avec Dorys a super bien été pour mes intervalles en groupe le midi à McGill les mardis et jeudis et mes longues sorties du week-end ont vraiment bien été également même si j’ai priorisé le ski de fond en janvier et février. Je n’ai également aucune blessure, contrairement à mes précédents marathons, grâce entre autres à la super équipe de La Source en Soi qui prend bien soin de mon corps en massothérapie, physiothérapie et acupuncture. J’ai été très assidu dans mes exercices en physiothérapie pour une blessure récente et je suis très confiant sur la ligne de départ.

Surprise! Il n’y a aucun lapin présent pour 3h et 3h05, le seul lapin présent près de la ligne du départ étant celui de 3h10. J’avais dit à mon coach Dorys en m’inscrivant à ce marathon il y a plusieurs mois que je souhaitais le compléter en moins de 3h10 et je n’ai vraiment pas envie que ce lapin termine devant moi! Je décide donc de courir à mon propre rythme. Il pleuvait lorsqu’on est sorti de l’autobus mais lors du départ, il ne pleut pas, mais il y a déjà des vents forts.

Le départ est donné et on débute avec le vent de dos au tout début avant de rapidement revenir en direction du centre-ville et de courir avec un puissant vent de face. La pluie recommence rapidement mais c’est davantage un crachin. On court sur une grande rue commerciale avec un peu de spectateurs et on arrive rapidement à la plus grosse côte du marathon, d’environ 500 mètres, exactement au 5e kilomètre. Étant également moi-même lapin du demi-marathon à Montréal, j’applique ce que je conseille à mes coureurs dans la fameuse côte Berri : courir les côtes au même effort que sur le plat, et ne pas se préoccuper de sa montre. Les kilomètres suivants sont constitués de vallons et je suis surpris de dépasser plusieurs coureurs dans les descentes alors que c’est plutôt les montées qui sont ma force.

Il y a des ravitaillements à tous les 3km environ et je suis surpris du grand nombre de bénévoles et de la longueur des tables avec beaucoup d’eau et de Powerade offerts aux coureurs. Au 8e km, la pluie devient vraiment très intense mais heureusement c’est seulement pour quelques minutes. Pour le reste du marathon, il tombe une sorte de crachin la moitié du temps et il ne pleut pas le reste du temps et il y a beaucoup de brouillard. Pour être honnête, j’ai de la difficulté à savoir s’il pleut ou non par la suite tellement que ça ne m’affecte pas. J’avais hésité à choisir comment m’habiller et ma camisole fut le choix parfait comme il fait quand même autour de 12-13 degrés malgré la petite pluie.

Exactement au 10e km, on tourne à droite pour quitter la rue principale et s’engager dans un quartier très aisé avec d’immenses maisons et de magnifiques arbres. C’est quand même l’absence instantanée du vent de face qu’on remarque et ça fait du bien! Je prends mon premier gel (j’ai prévu d’en prendre aux km 9, 18, 27 et 36) et j’en profite pour regarder ma montre et faire quelques calculs et je suis vraiment dans mes prévisions de temps de 3h05-3h06 en étant en contrôle avec des pulsations cardiaques pas trop élevées. Parfait. Cette section est un peu moins valonneuse et je sens que je commence à vraiment avoir une bonne idée de comment se déroulera ma course. On passe alors devant le magnifique château de Casa Loma, construit en 1914 par un riche commerçant qui fut également un champion du mile à son époque, avant d’arriver à la section la plus descendante du marathon jusqu’au 21e km.

J’en profite pour gagner, sans effort, du temps mais alors qu’on court dans une forêt très à découvert avec une descente en ligne droite sur au moins 2km, le vent de face est tellement fort que ma vitesse moyenne diminue! Je suis dans un bon état d’esprit et je me dit qu’au moins ça me permet de reposer mon cardio. Dès que j’arrive sur du plat après cette longue descente, je cours soudainement 15 secondes plus rapidement pour le même effort avec un vent de face moins puissant! Je franchis le tapis du demi-marathon en près de 1h32 et comme c’est le premier point de contrôle de ce marathon, j’ai une pensée pour ma famille et mes supporteurs qui me suivent du Québec. Ils devaient penser que je franchirais le demi-marathon un peu plus rapidement, mais ils ne savent pas à quel point je me sens en forme et avec encore beaucoup d’énergie, en comparaison à d’autres marathons dans lesquels je franchisais cette étape plus rapidement mais en ayant dépensé beaucoup plus (trop) d’énergie!

On entre enfin au cœur de Toronto, en passant devant le magnifique quartier de la distillerie, et on court ensuite au pied des immenses gratte-ciels de Toronto. On court entre autres devant le St-Lawrence Market, la magnifique gare de train Union avec vue sur la tour du CN, à côté du Temple de la renommée du hockey et tout près du Rogers Stadium. Il y a évidemment plus de supporteurs pour cette belle section du marathon. Le parcours nous amène par la suite vers le bord de l’eau et j’ai un choc lorsque je rejoins les coureurs du demi-marathon qui prennent beaucoup de place sur la piste cyclable sur laquelle on court. Heureusement qu’on court seulement 1km environ avec eux avant qu’ils prennent une autre direction. J’avais pris mon gel de secours au km 24 et chacun de mes gels me donne une bonne dose d’énergie que j’ai besoin, sentant que je dois dépenser un peu plus d’énergie pour conserver ma vitesse. Autour du 28e km, on passe devant l’arrivée alors qu’il nous reste à courir jusqu’au 35e km avant de revenir sur nos pas. C’est une section qui peut être difficile mentalement comme on commence à croiser les premiers marathoniens qui se dirigent vers la ligne d’arrivée et la piste cyclable est plutôt étroite avec en plus quelques coureurs et cyclistes qui s’entraînent là.

De mon côté je trouve ça difficile comme c’est supposé être difficile un marathon mais mon mental est super bon. Je suis content de croiser le gars des Bahamas qui est dans le top 10 et qui terminera son marathon autour de 2h40. Comme je le fais souvent vers la fin de mes marathons, je dédie quelques kilomètres à ma blonde et à mes 2 gars et j’arrive enfin au demi-tour du 35e km, après avoir croisé Laurent qui est tout juste devant moi. Je suis encore très compétitif à ce stade, encore davantage quand je croise pas très loin derrière moi le lapin du 3h10 et son petit groupe. Je suis surpris car je suis sur un rythme de 3h08 mais ça me motive encore plus à m’assurer qu’il ne me rattrape pas tout en étant autant motivé à rattraper quelques coureurs devant moi, ce que je réussis à faire. J’en profite également pour passer le temps à regarder les coureurs se dirigeant vers le demi-tour pour voir si je vois Yves alors que je croise le lapin de 4h20, ce qui était son objectif. Je ne le vois pas mais celui-ci m’a mentionné après la course avoir fait la même chose pour me voir et qu’il m’a aperçu autour de mon 40e km. Il y a justement une côte à grimper au 40e km et c’est toujours à ce moment que je débute tranquillement mon accélération finale pour les 2,2km restants. C’est pas évident d’accélérer après 40km dans une côte mais je réussis à peu près à le faire, en augmentant mes pulsations cardiaques pour donner tout ce qu’il me reste, surtout que je vois que je pourrais compléter mon marathon en 3h07 si je réussis à retrancher une dizaine de secondes sur les 2 derniers kilomètres.

Après 42km, on doit tourner à gauche pour monter une côte vraiment abrupte pour les 200 derniers mètres et je sprinte complètement à gauche comme les coureurs du demi-marathon terminent également avec cette côte mais en arrivant d’une autre direction.

Temps final : 3:08:06. Classement : 200e sur près de 3 000 coureurs, avec 1 seconde d’avance sur le 201e, comme quoi il faut toujours tout donner jusqu’à la ligne d’arrivée! Je suis également 13e de mon groupe d’âge des 45-49 ans.

Je suis super content, autant de mon temps final que de ma façon de me préparer et de gérer ce marathon, et encore plus de ne pas avoir eu de douleurs pendant ce marathon.

La file pour récupérer notre (immense) médaille et un peu de liquide et de nourriture à l’intérieur du même bâtiment où nous avons récupéré dossard et chandail est aussi longue que celle pour les toilettes le matin mais au moins des autobus sont offerts gratuitement à l’extérieur par la suite pour retourner à notre hôtel.

En attendant que mon ami Yves me retrouve à l’hôtel, j’ai rarement eu un après marathon aussi agréable que de nager dans la piscine chauffée du Hilton! Rien de mieux pour débuter rapidement la récupération physique d’un marathon!

Merci Toronto! Je reviendrai!

Photos de course: MarathonFoto
Photos officielles de la ville de Toronto: Destination Toronto
Les autres: Philippe Jacques