Le fameux Runner’s High

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Le terme runner’s high apparaît dans les années 1970, au moment où la course à pied devient un phénomène de masse. Les coureurs rapportent un bien-être intense, un flottement mental, une euphorie douce atteinte après un certain temps d’effort.

À cette époque, les chercheurs pensent que cet état est causé par les endorphines, des peptides opioïdes produits naturellement. Identifiées en 1975 par John Hughes et Hans Kosterlitz, ces molécules sont découvertes alors qu’ils explorent comment il se fait que le cerveau possède des récepteurs pour la morphine. En isolant les enképhalines, les deux scientifiques montrent que le corps produit des substances aux propriétés semblables à celles de la morphine.

Ce n’est que plus tard, dans les années 1980 et 1990, que des chercheurs constatent que l’exercice physique augmente les niveaux d’endorphine dans le sang, particulièrement la bêta-endorphine. Cette découverte renforce l’idée que ces molécules sont liées au plaisir ressenti pendant l’effort.

Mais le mystère s’épaissit : les endorphines circulent principalement en périphérie et traversent mal la barrière hémato-encéphalique. Ce ne sont donc pas elles seules qui provoquent le runner’s high. Des travaux plus récents mettent en lumière le rôle central d’autres molécules : anandamide, dopamine, sérotonine et noradrénaline.

Aujourd’hui, on sait que ce sentiment n’est pas l’effet d’une seule molécule mais d’un cocktail neurochimique complexe déclenché par l’effort prolongé, la régularité… et un bon druide.

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Marc Gosselin est médecin du sport et directeur médical chez SiriusMedx.