Un secret partagé
La chronique DESTINATION SENTIER vous fait découvrir à chaque numéro de KMag un lieu spectaculaire où gambader en chaussures cramponnées. Voici le parc nature du lac Beattie.
Depuis aussi longtemps qu’il s’en souvienne, Frédéric Ménard, 45 ans, fait de la course à pied. « Au secondaire, je participais déjà à des courses de cross-country », se rappelle-t-il. À l’âge adulte, à la suite d’une blessure à une jambe qui nécessite une longue période de récupération à vélo, il tombe dans la marmite du triathlon. Il prend part à plusieurs triathlons et même à un Ironman. Puis il se tourne vers la course à pied sur route, disputant de nombreuses épreuves de demi et de marathons, sans toutefois jamais vraiment se soumettre à un plan d’entrainement sérieux.
Ce n’est qu’il y a trois ou quatre ans que ce résident de Montebello, municipalité sise sur les rives de la rivière des Outaouais, découvre la course en sentier, alors qu’il est recruté comme directeur de course du TransCharlevoix, une course à étapes linéaires dans les montagnes de l’arrière-pays. « C’est là que j’ai attrapé la piqûre. J’y ai découvert une ambiance comparable à celle des événements de ski de fond, où les gens sont davantage dans l’entraide que dans la compétition », se remémore cet ancien directeur du Marathon canadien de ski, compétition mythique qui existe depuis près de 60 ans.
La course en sentier devient sa nouvelle passion alors même que s’ouvrent les pistes du parc nature du lac Beattie en 2021, dans le canton de Gore, dans les Laurentides, à moins d’une heure de sa résidence. Il tombe en amour avec les lieux et son lac, ancienne source d’eau potable de Lachute. « Aucune habitation ne s’élève sur les berges de cette étendue d’eau tout en longueur (2 km) – une denrée de plus en plus rare dans les parages », souligne-t-il. Été comme hiver, il fréquente abondamment sa forêt, en chaussures de course comme en ski de fond.
C’est donc tout naturellement que Frédéric Ménard devient directeur de course du Défi coureurs des bois, un événement de course dont la première édition s’est tenue le 24 août 2024, attirant quelque 200 coureurs. Dans un but de planification, l’homme a couru et marché dans les deux sens sur tous les sentiers de ce parc de 300 ha, cherchant à maximiser les points de vue dont profiteraient les traileurs. « L’intérêt de nos sentiers rustiques, c’est leur niveau de difficulté : ils sont très étroits et très accidentés. Malgré l’absence de montagne, on se tape des pentes en continu », dit-il. À preuve, le tracé du 10 km affiche un dénivelé positif de 253 m…
Pour qui veut travailler la propulsion dans les côtes, les descentes et la concentration – car une seule distraction mène à la chute dans ce type de pistes –, il ne se fait pas mieux que le parc nature du lac Beattie. La signalisation hyper claire est digne, dixit Frédéric Ménard, de celle des parcs nationaux. Donc peu de danger de se perdre, sauf dans ses pensées.
Trois refuges – deux pour quatre personnes et un autre pour huit – ainsi que deux tentes prospecteur pour trois vous accueillent pour un week-end à filer, à la vitesse de votre choix, sur la trentaine de kilomètres de sentiers. Les adeptes de nomadisme automobile ont également leur espace pour y stationner leur véhicule.
Quant au prochain Défi coureurs des bois, il se déroulera le 23 août prochain sur des distances de 1, 3, 6, 10 et 20 km. Cette rencontre sportive de petite taille est très chaleureuse, comme l’a constaté votre humble serviteur, qui y était présent à titre de photographe. Frédéric Ménard vous y attend à bras ouverts.
EN BREF
- Longueur : 10 km
- Dénivelé positif : 253 m
- Accès : par la route 329, en tournant dans le chemin Beattie, qui conduit à l’entrée du parc.
À APPRÉCIER
- Des sentiers étroits et jamais plats.
- Une forêt mature abritant entre autres une prucheraie exceptionnelle.
- De l’hébergement en forêt et un espace de quatre emplacements pour les petits véhicules récréatifs.
À NOTER
- Accès payant : 11,50 $ (de 13 à 64 ans) ou 9,25 $ (65 ans et plus), et gratuit pour les 12 ans et moins et pour tous les résidents de Gore et de Lachute.
- Accessible en toutes saisons, avec pistes de fond en hiver et, en été, location d’embarcations à pagaie pour naviguer sur le lac Beattie.
- Chiens admis en laisse.
Simon Diotte est rédacteur en chef du magazine Géo Plein Air.





