Une décennie marquante

  • Adobestock

Nous avons demandé à nos fidèles collaborateurs de nommer ce qui les avait particulièrement marqué au cours des dix dernières années dans la pratique de la course à pied ou dans leur spécialité. Dix réponses parfois étonnantes.

Voici quelques extraits. Lisez la suite de ce reportage dans le numéro du printemps 2020.

Entraînement polarisé

En sciences de l’entrainement, ce qui m’a marqué le plus au cours des dix dernières années, c’est l’engouement (pas parfaitement justifié) pour l’entrainement polarisé, qui consiste à éviter de s’entrainer dans la plage d’intensités situées autour du seuil anaérobie en consacrant 20 % du temps au pôle d’intensité supérieur et 80 % au pôle d’intensité inférieur.

Guy Thibault est un collaborateur de la première heure. Il signe les chroniques Science et Question d’entrainement.

À tout prix

L’image du triathlon a radicalement changé au cours des dix dernières années. L’arrivée des Ironman et demi-Ironman de Tremblant a considérablement modifié la façon de voir cette épreuve extrême. Autant cela a contribué à mettre sur la carte cette mythique distance qui semblait inatteignable et insurmontable, autant elle l’a rendue populaire et accessible à tous. Il suffit de voir le nombre de participants qui se ruent chaque année vers ce qui est devenu un pèlerinage presque incontournable du triathlète au Québec…

Charles Perreault nous fait découvrir sa discipline fétiche depuis 2013.

L’avancement des technologies

Ce qui a caractérisé la dernière décennie, c’est l’avancement des technologies contribuant au soutien de l’entrainement des coureurs. La plupart de ces derniers sont maintenant équipés d’une montre intelligente qui sert de GPS et enregistre des données qui, une fois téléchargées, serviront à concevoir un registre de statistiques. Tous ont désormais accès à internet, qu’ils peuvent explorer à la recherche d’informations éditées par des experts, et où sont publiés les réseaux sociaux et les médias spécialisés qui permettent de partager de l’information, de s’encourager mutuellement et de se comparer.

Richard Chouinard signe sa chronique performance depuis le tout premier numéro de KMag. Il est coauteur du best-seller Le Guide d’entrainement et de nutrition.

Devenir coureur

Il y a à peine dix ans, je pesais 210 livres. Je ne courais pas. Je ne comprenais pas qu’on puisse courir, de son plein gré, sans but (de soccer). S’époumoner pour s’époumoner. Souffrir pour souffrir.
Je suis devenu, presque à mon corps défendant, un coureur. Je me suis inscrit au demi-marathon de Montréal, et j’ai eu la piqûre. J’ai été un temps esclave des chronos, de la cadence et du kilométrage. Je ne le suis plus aujourd’hui.

Marc Cassivi signe la chronique Le dernier tour depuis 2013

Depuis dix ans…

… le monde de la course à pied s’est-il transformé ?
Spontanément, je dirais que oui. Mon impression d’« observatrice-spectatrice-participante » est que la course à pied s’est véritablement démocratisée.
Force est d’admettre que les coureurs du dimanche sortent maintenant les mardis, les jeudis, les vendredis, même ! Que les gambadeurs du printemps envahissent aussi nos rues (et nos sentiers et nos forêts) l’été, l’automne, l’hiver, même !

Sophie Gamache nous confie ses états d’âme depuis 2015.

Du Cégep aux Jeux olympiques

Je me rappelle du printemps 2010 comme si c’était hier. Étudiant-athlète chez les Dynamiques du Cégep de Sainte-Foy, je voulais intégrer le Rouge et Or en athlétisme et cross-country à l’automne. Je partageais mon temps entre deux bâtiments dans le secteur de l’Université Laval : le Peps et le Cégep. Je travaillais aussi à l’époque à la boutique Sports Experts du Peps. C’est à cet endroit que j’ai vécu les débuts de Kmag – une très bonne nouvelle pour tous les coureurs. Il ne me fallait qu’un quart de travail un peu calme un mercredi soir pour dévorer le KMag de la couverture jusqu’à la dernière page.

Charles Philibert-Thiboutot signe la chronique Athlétisme depuis 2017.

Business et surintellectualisation

La course à pied est l’activité la plus simple, ancienne, naturelle et accessible qui soit. Autant de raisons qui font qu’elle est aussi la plus bénéfique du point de vue de la santé. Au cours des dix dernières années, ce sport a suscité un tel engouement que nous sommes aujourd’hui, plus que jamais, nombreux à le pratiquer. Ce qui signifie que nous sommes pareillement nombreux à nous blesser, de même qu’à éprouver des envies de performance. Il n’en fallait pas davantage pour ouvrir la porte à la surintellectualisation, aux stratégies commerciales et à la recherche de technologies complexes.

Blaise Dubois est un collaborateur de la première heure. Il signe la chronique Blessures.

La soif d’apprentissage

En une décennie, la course s’est transformée de multiples façons : la polarisation des idées en même temps que l’apparition des médias sociaux, combinés à une explosion d’études sur la course, a amené les coureurs à être plus informés en même temps que plus confus que jamais. Minimalisme, maximalisme ou encore moyenmalisme ? Appui talon ou pas ? Cadence de 180 pas par minute ou pas ? Dénivelé de 4 mm ou de 12 mm ? Que de questions qui n’étaient pas dans le décor il y a dix ans !

Jean-François Harvey signe la chronique Biomécanique depuis 2016.

Changement, évolution et mutation

De ces 10 ans, je retiens …
… qu’on débattait sur la chaussure, traditionnelle versus minimaliste. Aujourd’hui, on s’interroge sur les nouveaux records établis chaussures technos aux pieds. Parlant de technologie, le cellulaire remplace souvent la montre, le cahier de notes est remisé au profit des plateformes électroniques, et on suit ses amis en direct lors de leurs courses.

Francois Lecot signe la chronique Débutants depuis 2012.

Glucides, protéines et produits suremballés

Du point de vue nutritionnel, les dix dernières années n’ont pas connu de grandes révolutions.
Les glucides sont toujours bons premiers à titre de carburant. Certes, on a peaufiné les recommandations et rendu compréhensible la périodisation, toutefois ils restent tout en haut de la liste. On propose à présent des quantités de glucides en fonction de l’intensité de l’effort (périodisation fine, par exemple peu de glucides les jours de repos, et davantage les jours des longs entraînements), et en fonction du moment de l’année (périodisation « macro » : début, milieu ou fin de saison ; affûtage; récupération après une blessure ; etc.).

Natalie Lacombe signe sa chronique Nutrition depuis le tout premier numéro de KMag. Elle est coauteure du best-seller Le Guide d’entrainement et de nutrition.