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Yan Therrien, l’ange gardien des triathlètes
Dans un sport aussi codifié que le triathlon, l’officiel agit comme un point d’équilibre. Il doit protéger les athlètes, assurer l’équité et préserver l’intégrité de la compétition tout en restant invisible : un travail de précision, souvent ingrat, qui exige autant de sang-froid que de jugement.
Jeux paralympiques, septembre 2024. Les triathlètes filent à toute allure sur le bitume parisien. Soudain, l’États-Unien Howie Sanborn chute et brise une pièce de son fauteuil roulant. L’officiel québécois Yan Therrien n’hésite pas : il saute sur la piste, relève Howie Sanborn et réajuste son fauteuil. Grâce à lui, l’athlète peut franchir la ligne d’arrivée.
Ce jour-là, Yan Therrien n’a pas décroché de médaille ni fait les manchettes des médias, mais il a permis à un athlète de garder un souvenir positif de ses premiers Jeux paralympiques – une anecdote qui en dit beaucoup du métier d’officiel. « On ne fait pas ce travail pour la reconnaissance, mais c’est le fun de savoir que parfois on fait la différence pour des athlètes, explique-t-il. Ce sont des moments comme ça qui rappellent pourquoi on fait ça. D’ailleurs, ça a créé un beau lien entre nous, je l’ai revu après, dans d’autres événements. »
Officiel technique international, Yan Therrien est le plus haut gradé au Québec et l’un des très rares Canadiens à évoluer à ce niveau. Depuis maintenant dix-sept ans, il se promène à travers le monde pour officier à des épreuves du circuit national et international de triathlon.
Un athlète avant tout
Originaire de la Rive-Sud (Montréal), Yan Therrien est avant tout un sportif. Cette expérience d’athlète influence grandement sa façon d’arbitrer. Connaître la fatigue, la pression d’un départ, les erreurs qui surviennent quand le corps lâche : autant d’éléments qui nourrissent sa compréhension du terrain et son approche humaine du règlement. « J’ai toujours été actif dans les sports. Je suis devenu moniteur de ski, moniteur de natation. Je faisais des compétitions de sauveteurs. Je faisais déjà beaucoup de course à pied, je faisais du vélo », raconte-t-il.
À 21 ans, Yan Therrien entre à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans l’Ouest canadien. L’entrainement paramilitaire confirme deux choses : il adore se dépasser et carbure aux défis physiques. Installé à Vancouver, il replonge dans la natation et le vélo, et il finit par se lancer dans le triathlon. Pendant près de quinze ans, il parcourt toutes les distances, du sprint à l’Ironman. « J’ai toujours eu cette passion-là de me pousser », résume-t-il.
En 2007, à son retour sur la Rive-Sud, Triathlon Québec lui propose de devenir officiel. Yan Therrien découvre alors une autre manière de vivre le triathlon, moins tournée vers la performance personnelle, davantage orientée vers l’encadrement et l’équité, et tout aussi exigeante. « Être officiel, c’était une façon de continuer à m’impliquer dans le sport que j’aimais, de faire partie d’une équipe et de redonner à la communauté. Comme athlète, on est souvent dans sa bulle. En rejoignant la famille des officiels, j’ai découvert que le triathlon vit grâce à cet esprit de communauté. »








